Sujet tabou qu’on enterre sous des contre-vérités, la dénatalité serait une invention d’alarmistes réactionnaires accusés de vouloir raviver la France de Vichy.
Premier mensonge : la naissance d’une authentique politique familiale, celle qui a suscité le fameux Baby Boom, date de 1939. Son inspirateur fut Alfred Sauvy, l’un des pères de la démographie moderne, homme libre par excellence et nullement lié aux mouvances droitistes.
Dernier avatar du négationnisme anti-nataliste, les chiffres de 2006 annoncés comme la confirmation que décidément la France aime les bébés et qu’au moins sur ce terrain, le seul donc, il n'y a plus à s’inquiéter pour elle.
Il y avait déjà eu «l’alouette» de 2000, avec un taux de fécondité dépassant le 1,9 : mais aucun printemps ne suivit.
Désormais, sonnons les cloches de Notre-Dame ! Avec un taux record de 2,0 nous serions en tête des pays européens ; formidables ces mamans françaises qui nous donnent tous ces enfants …sauf qu’au passage :
l’Irlande, certes en perte de vitesse, est oubliée ; depuis 1972 nous sommes tombés en dessous du seuil du renouvellement des générations, à moins de 1,8 de moyenne ; le taux de 2,0 soit obtenu grâce à la fécondité des immigrés alors que celui des nationaux, ex-immigrés compris, stagne à 1,8...
Mais va-t-on chipoter pour si peu ?
Pour nos politiques, l’énorme avantage de cette constante désinformation est de leur épargner toute mesure à prendre et toute réflexion solide à entreprendre pour enfin s’attaquer au problème le plus grave de notre société car quoi qu’on en ait, la dénatalité est une vérité impossible à nier.
Avant même que de parler d’extinction à long terme, nous vivons déjà la conséquence majeure de ce phénomène : le déséquilibre de la pyramide des âges est tel que la question des retraites est devenue insoluble.
On aura beau repousser l’âge du départ en retraite, on aura beau réduire les pensions, que se produira-t-il ? De moins en moins d’actifs pour nourrir et soigner de plus en plus d’inactifs.
D’aucuns pousseront néanmoins l’arrogance intellectuelle jusqu’à dire que la croissance viendra compenser ce déséquilibre. Mais comment donc ?
Voici qu’on paupérise les jeunes, qu’on les décourage de faire des études, puisqu’en dehors d’une poignée d’oligarques et fils d’oligarques, futurs oligarques donc, c’est peu à peu le SMIG pour tout le monde, de bac moins 3 à bac plus 7 ; les salariés ponctionnés pour régler tant qu’on peut les pensions des précieux électeurs seniors, sur-représentés électoralement puisque les 0/18 ans ne votent pas ; les salariés obligés à s’endetter non plus pour anticiper de futurs revenus supérieurs mais pour tout juste parvenir à joindre les deux bouts.
Crevés les réservoirs de la consommation, de la motivation au travail et aux études et celui de la créativité, d’où peut venir cette croissance salvatrice ?
Autre objection fallacieuse : de plus en plus « jeunes », nos seniors dépenseraient plus, d’où un marché qui en remplacerait un autre.
En vérité, hormis une frange de retraités dorés qui voguent de croisière en cure de thalasso, nos anciens sont surtout consommateurs de frais médicaux, remboursés pour l’essentiel. Et puis, ces heureux pensionnés, derniers Mohicans de l’Etat Providence, qui les relaieront demain, un demain très proche ? Ce seront des retraités aux pensions amaigries, qui n’auront pas été assez bien payés pour se constituer un complément.
Alors d’où viendra-t-elle cette croissance capable de rendre négligeables les effets néfastes du vieillissement de la population ?
Pas des enfants de familles nombreuses de plus en plus rares…à moins que, et voici l'ultime argument des aveuglés volontaires : les enfants des familles issus d’une immigration massive seront le salut de la vieille France. Fini donc de les considérer comme une source de problèmes. Et tant pis pour la race européenne. Pour tous les crimes qu’elle a commis, qu’elle meure, il est temps.
Les masses arabo-musulmanes et noires africaines feront la France de demain, qu'on se le dise. Qu’Hitler se retourne dans sa tombe, que le diable renforce le feu qui le brûle, l’Europe Nouvelle, ce seront eux.
Qu’importe les ethnies et les cultures, ce qui compte c’est que statistiquement l’on puisse encore compter des habitants sur nos territoires. Ainsi pensent nos énarques. Les chiffres, il n'y a que cela de vrai.
Et pourquoi pas après tout ? Les peuples meurent comme les individus.
Les Mayas ont disparu, il faudra bien que vienne le tour des Européens.
Mais là encore, l’aveuglement ne résout rien. Les réalités sociales sont têtues.
Avons-nous déjà vu qu’un peuple en remplace un autre en douceur ?
Toutes les leçons de l’Histoire, tout ce que nous enseignent les sciences sociales seraient donc des mensonges ? Alors ne tardons pas à vider une bonne partie des universités et des bibliothèques, cela fera un peu de sous pour nos vieux.
La vérité c’est que l’immigration, même contenue comme elle l’est aujourd’hui, pose déjà d’épineux problèmes de cohabitation, de contestation de nos valeurs et de leur expression en système juridique.
Notre Etat hypertrophié, aussi désorganisé que l’armée française de mai 1940 est strictement incapable d’intégrer ces populations allogènes ; d’ailleurs le mot intégration fut, entre 1955 et 1962, la bête noire des opposants au maintien de l’Algérie dans la République. Soustelle, le plus éminent défenseur de l’intégration fut ainsi l’objet d’un quolibet de la part de son mentor qui en avait le secret : « une cervelle de colibri ».
L’expert mondial des civilisations précolombiennes, le futur académicien, entré premier à la rue d’Ulm et reçu pareillement à l’agrégation de philosophie, ne pouvait aspirer à meilleur jugement du général, dès lors qu’il persistait à croire en l’intégration des Musulmans au moment où le guide du peuple français (·) décidait de ne plus y croire après qu'il était revenu au pouvoir avec cette idée comme axe central de son discours.
Il faut croire que les Français qu’on savait depuis des lustres être des veaux, sont désormais dirigés par des colibris !
Et que feront ces colibris à mesure que la masse de vagues d’immigrés issus des parties les plus pauvres du monde et les plus éloignées de notre culture, viendra apporter la main d’œuvre et la jeunesse que notre race sera de moins en moins capable de générer ?
Le Camp des Saints, l’ouvrage de Jean Raspail écrit il y a 30 ans, sera un jour estimé comme le sont aujourd’hui ceux de Jules Vernes.
Comment éviterons-nous les camps retranchés, les barouds d’honneur, la violence d’une guerre civile menée par les gens d’en bas, eux pour qui la patrie est le seul bien, comme l’a si bien écrit Camus ?
L’aveuglement conduit aux pires désastres. Que l’on se souvienne de Munich et plus tard, de la bienveillance de nos intellectuels bien-pensants à l’égard des empires communistes, soviétique, chinois et autres.
Sans prise de conscience que le vieillissement de la population, conséquence de la dénatalité et non des progrès de la médecine, est un puits sans fond, sans une prise de conscience à la mesure des conséquences aux contours difficilement calculables tant les interactions en irriguent malicieusement la mécanique (une économie du diable aurait dit Alfred Sauvy), aucune politique digne de ce nom ne se mettra en place.
L’on en restera à des Journées de la Famille, à des sommes gaspillées pour financer l’inutile UNAF, à des mesures « rustines » proclamées au détour d'un maigrelet paragraphe du discours de politique général de chaque nouveau gouvernement. Pour un temps l'on feindra de croire qu'enfin les familles sont comprises. Et puis, tout continuera comme avant et nos pères et mères de famille, telles les brebis qu’on mène à l’abattoir, ne laisseront de réélire ceux qui les conduisent vers le gouffre.
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