samedi 17 novembre 2007

De la décadence grecque aux nouveaux barbares

(Texte extrait des mémoires d'un cousin qui préfère garder l'anonymat)


Tout cela va-t-il finir comme l'extraordinaire aventure grecque ?

"La Grèce était devenue (au début du deuxième siècle avant JC.) un pays de célibataires et de fils uniques : Polybe a dénoncé cette diminution de la natalité, ce qu'il appelle l' "oliganthropie", mal affreux, qui fut la cause véritable de la chute." (Piganiol, La Conquête romaine, PUF, page 284). Alors, dit René Grousset :


"L'hellène des guerres médiques va devenir le Graeculus.
Remarque significative : cet abaissement de la dignité hellénique coïncide avec l'arrêt de la faculté créatrice chez les Grecs. A partir du deuxième siècle avant notre ère, il y aura encore d'innombrables artistes ou savants grecs, mais l'art grec, la science grecque cesseront de progresser. L'hellénisme ne sera plus désormais qu'une culture cosmopolite qui vivra sur son acquis, non d'ailleurs sans rendre encore à l'humanité un inappréciable service en faisant l'éducation du monde romain."
(Bilan de l'Histoire, Mesure de la civilisation, Le miracle grec.)

Rome a souffert des mêmes maux, et a subi le même sort. Oui ! Mais "Graecia capta ferum victorem cepit, et artes intulit agresti Latio" (La Grèce subjuguée subjugua son farouche vainqueur, et porta les arts au sein du Latium sauvage.) a pu dire Horace. Et, de même, Rome fit l'éducation des barbares qui provoquèrent sa chute. Ceux-ci étaient cousins des Romains, des cousins sauvages, certes ! Ils avaient tout à apprendre; mais, du fait même de leur ignorance et en raison de ce lien du sang, ils étaient disposés à recevoir l'enseignement des Romains. Ils se laissèrent donc subjuguer par la culture latine, à tel point que pendant plus de mille ans, le latin devint la langue commune des élites européennes, et que de nos jours encore, en Europe, les relations entre les personnes sont régies par des règles juridiques inspirées du droit romain.

Aujourd'hui, aussi, nous voyons le "barbare" s'installer en foule au sein de la Cité et constituer ainsi une menace plus grave que s'il en était aux portes. Mais, en fait, cet envahisseur musulman n'est pas un barbare. Porteur d'une vieille civilisation, il est loin de se laisser subjuguer par la nôtre; c'est la sienne qu'il veut nous imposer[1].

Le colonel Khadafi a bien exprimé ses aspirations et sa certitude d'une complète victoire en Europe dans une conférence du 10 avril 2006 à Tombouctou :

"Tout le monde doit devenir musulman. Aujourd'hui, ici à Tombouctou, nous rectifions l'histoire. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu'Allah nous accordera une grande victoire en Europe : sans épées, sans fusils, sans conquêtes. Les 50 millions de musulmans d'Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l'Union européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe. L'Europe subit notre prosélytisme, tout comme l'Amérique. Elle a le choix de devenir musulmane ou de déclarer la guerre aux musulmans.[2]"

Tous les musulmans, ouvertement ou in petto, partagent le sentiment de Khadafi., comme le montrent les révélations d'un policier au cours d'une émission télévisée : selon lui, Khaled Kelkal, le chef des Algériens du GIA responsables de l'attentat du RER St-Michel en 1995, a déclaré à la police lors de son interrogatoire : "OK, c'est bon, moi j'ai perdu, mais d'autres viendront, car ici nous sommes chez nous, vos femmes porteront le hidjab, et on montera jusqu'en Europe du Nord."

Beaucoup d'Européens, aveuglés par leurs théories et leurs utopies, se moqueront des déclarations de Khadafi. Celles-ci ne pêchent pourtant que par défaut; car il ne sera pas besoin que la Turquie entre en Europe pour qu'il y ait, rapidement, 100 millions de musulmans en Europe. Alors, les Européens devenus une minorité dans leur pays[3] se trouveront devant une alternative : ou bien accepter la charia et la soumission, ou bien combattre. Dans 30 ans, 50 ans, je ne sais pas ! Mais cela arrivera sûrement : il y aura une guerre sur le territoire européen. Ce ne sera pas une guerre civile; mais une guerre interethnique, celle opposant l'Orient à l'Occident. Ce n'est pas tellement, en effet, un choc entre deux civilisations, la chrétienté et l'Islam, qui a abouti à la victoire de l'Islam sur Byzance, mais c'est l'antagonisme ethnique entre l'Occident et l'Orient qui a conduit à cette victoire, puisque la chrétienté monophysite d'Orient s'est alliée aux musulmans, de même race, contre la chrétienté de Constantinople. René Grousset écrit :

"Les foudroyants succès de l'Islam ne s'expliquent que parce qu'il avait été conçu au milieu du réveil de l'antique Orient dressé en un duel à mort contre l'Hellénisme… Mahomet vint donner à tous ces bédouins une conscience et un drapeau. Son islamisme… fut surtout du panarabisme. Plus généralement, aux yeux de tous les Orientaux, il vint renverser l'œuvre d'"Iskander le Roumi", de cet Alexandre qui avait assuré pour plus de mille ans aux Grecs, puis aux Romains et aux Byzantins la domination du vieux monde. On était entré dans le moyen âge. Depuis la conversion de Constantin, l'hellénisme se présentait à l'Asie sous la forme d'un credo. Avec le Coran, l'Asie répondait par le Djihâd, l'intransigeante guerre sainte musulmane.

"La facilité avec laquelle les Arabes, de 634 à 643, conquirent la Syrie et l'Égypte s'explique sans doute par l'accord secret qui existait entre eux et la population indigène… A Antioche comme à Alexandrie, les chrétientés monophysites, de rite syriaque ou coptes, que l'orthodoxie byzantine persécutait, se firent les complices de l'invasion[4]. Aux applaudissements des races indigènes, l'hellénisme était jeté à la mer. La chute d'Alexandrie en 641 marqua à cet égard la fin d'un monde… La capitale de la pensée européenne, cessait d'être "en Europe".[5] (Bilan de l'histoire, Europe et Asie, La Question d'Orient, guerre de religion)

Les éléments de la crise qui nous menace se mettent en place lentement; mais précisément, à cause de cela, on ne fait rien pour la prévenir. Et lorsqu'on est guidé par une mystique, l'évidence la plus absolue ne nous fait pas changer d'avis. Pourtant, un État concurrent est déjà constitué sur le territoire français, si l'on veut bien se rappeler que l'Arabe n'a jamais eu de patrie au sens occidental du terme. Les tribus se déplaçaient sans cesse sur d'immenses espaces. Ibn Khaldûn nous dit qu' "elles n'avaient rien qui les attachait à leur pays natal". Pour l'Arabe, la patrie ce n'est pas un territoire mais une religion, un système de règles juridiques et morales, un clan. Or le clan c'est, comme le dit E.F. Gautier dans Le Passé de l'Afrique du Nord, p. 114, "un groupe humain de générations considéré indépendamment de son substratum régional, une race, une espèce biologique". Ce groupe humain protéiforme, attaché à sa religion et au système de règles juridiques et morales qui en découlent, s'est trouvé un drapeau : le voile, prétendu islamique. Il a ses lieux de réunion, de culte et de propagande politique[6] dans les innombrables mosquées de fortune que l'on trouve un peu partout. Il a ses écoles clandestines. Dans une page Internet du Figaro sous le titre "Les RG sur la piste des écoles musulmanes clandestines", on peut lire :

"… les structures clandestines se multiplient, ainsi que les cours de soutien aux enfants, au contenu parfois opaque. Certaines familles musulmanes extraient leurs enfants du système scolaire public conduisant ainsi à une forme de communautarisme"…
Les salafistes, qui prônent un islam fondamentaliste, calqué sur la vie du Prophète, cherchent à protéger "leurs enfants dès le plus jeune âge et à les maintenir en dehors des perversions de la société mécréante"
écrivent les RG (Renseignements généraux) qui surveillent avec difficulté les crèches et écoles sauvages montées par ces familles, souvent à domicile ou dans les locaux des mosquées… "

"Presque 50 000 enfants suivent des cours d'arabe ou de religion dans des structures dont nous ne savons pratiquement rien", explique-t-on au ministère de l'Intérieur.

Cet État concurrent a réussi à faire de certaines parties du territoire français des zones de "non-droit" qui échappent à l'autorité de l'État français. Dans un commissariat de police de Saint-Ouen, on a dit, à la fille de mon ancienne gouvernante, Mme Fort : "Nous voulons bien aller là et là; en revanche, nous n'allons pas aux autres endroits du quartier." Et, il y a quatre ou cinq ans, j'ai entendu sur une radio, après des émeutes de "jeunes", un préfet hurler : "J'avais interdit aux CRS d'aller dans ce quartier." C'est donc bien qu'il y a des parties du territoire français qui ne sont plus dans la mouvance de la France. Et cela va de mal en pis : une publication du Figaro (avec AFP) sur Internet du 2 octobre 2006 donne le compte rendu d'un contrôle routier aux Mureaux, dans les Yvelines : "… Vers 19h15, une équipe de police a tenté d'intercepter le conducteur d'une R5 qui n'avait pas sa ceinture de sécurité. Refusant de s'arrêter, l'homme a alors pris la fuite. Prévenu par radio, un second véhicule de police a tenté de bloquer le fuyard. Ce dernier a percuté l'auto des policiers… Des riverains se sont alors massivement regroupés autour des lieux de l'accident et ont commencé à menacer les trois fonctionnaires. Les policiers, qui estiment la foule à "près de 250 personnes hostiles et belliqueuses", ont été forcés de se replier dans le second véhicule de police arrivé peu après. L'un des policiers a tiré une fois en l'air pour tenir en respect la foule, tandis que ses collègues ont utilisé leurs flash-balls et bombes lacrymogènes pour se frayer un chemin. Les six fonctionnaires se sont réfugiés dans une école du quartier en attendant l'arrivée de renforts. Pendant ce temps, la foule a pillé la 307 de la police, volant notamment un flash-ball et ses cartouches, puis l'a incendiée… Aucune interpellation n'a été effectuée. "Maintenant, les gens annoncent clairement la couleur", a déploré Patrick Trotignon, le conseiller technique régional d'Île-de-France du syndicat Synergie Officiers. "Ils disent : on va vous tuer. Ce n'est pas de la science fiction, c'est la triste réalité".[7]

En fait, c'est sur la totalité de son territoire que l'État français n'est plus capable d'assurer la sécurité! Si l'on en doutait, la lapidation quotidienne de voitures de police et de pompiers, les crachats que l'on récolte, et que j'ai récoltés, en passant devant un groupe de "jeunes", même dans un quartier bourgeois, les barrières métalliques ubiquitaires destinées à protéger les bâtiments particulièrement menacés nous rappelleraient que l'insécurité ne règne pas seulement dans les zones de non-droit mais sur tout le territoire national. Le premier mot de la devise de la République française est "Liberté". Mais, comme il n'y a pas de liberté sans sécurité, cette Liberté est bien boiteuse et devient une cynique plaisanterie du fait des personnes issues de l'immigration maghrébine et africaine. Sous la rubrique "Y a-t-il une surdélinquance immigrée ?", le QUID (1986, page 7) donne les indications suivantes :

"Les étrangers qui représentent 7 à 8 % de la population française commettent 15 % des crimes et délits, 23 % des homicides et 58 % des trafics de drogue. 25 % des détenus dans les prisons sont des étrangers, généralement originaires d'Afrique du Nord (le taux de délinquance des Portugais est 6 fois moins élevé que de celui des Algériens)."[8]

Comme il est difficile de nier les faits, on les tient secrets : impossible de se procurer une statistique sur ces questions brûlantes. A ce sujet, le point (du 24 juin 2004) écrit :

"Le sujet est l'un des tabous les plus forts de la République : 60 à 70 % des délinquants sont issus de l'immigration. C'est ce que révèlent les synthèses de la police nationale. (…) La part des enfants de l'immigration dans la criminalité et la délinquance ressortit au secret d'État."

Il n'y a pas que l'insécurité. Il y a aussi les inconvénients anormaux du voisinage ! J'étais en activité[9] quand, un jour, une secrétaire de Suez s'est plainte d'avoir reçu sur son balcon du sang d'un mouton que l'on avait égorgé au-dessus de chez elle ! La presse a relaté, au moment des émeutes de l'automne 2005, le cas d'habitants d'Epinay-sur-Seine, de Noisy-le-Sec et de Cachan, victimes de nuisances, et de menaces racistes, dont les autorités ne voulaient pas prendre en compte la détresse.

La réponse à toutes les plaintes déposées était : "Déménagez" ! C'est ainsi que se forment les ghettos; et le piquant de l'affaire, c'est que nos Intellectuels viennent expliquer gravement que toutes les exactions auxquelles se livrent les "jeunes" sont dues à leur parcage dans des ghettos ! On s'attache aveuglément au dogme du caractère inéluctable de l'avènement d'un monde cosmopolite – évidemment sans ghettos - et à l'idée que l'humanité toute entière trouvera dans la déclaration des droits de l'homme un nouveau Credo. Mais, que les prophètes de cette religion pensent à la tour de Babel !

Avant la guerre de 1939-45, on redoutait les méfaits de la Cinquième Colonne, ces soldats ennemis déguisés en civils et destinés à faciliter l'entrée sur le territoire national des troupes ennemies. Aujourd'hui, nous avons bien pis qu'une Cinquième Colonne : tout musulman respectable et "bien intégré" est plus ou moins un "agent dormant". Selon la presse, 40 % des musulmans britanniques se disent partisans de la charia là où ils vivent. Et les 60 % qui ne disent rien n'en pensent certainement pas moins !

On ne s'en étonne pas en lisant la sourate 47 :

Lorsque vous rencontrez les incrédules,

frappez-les à la nuque

jusqu'à ce que vous les ayez abattus :

liez-les alors fortement;

puis vous choisirez

entre leur libération et leur rançon

afin que cesse la guerre

……………………………

(Dieu) ne rendra pas vaines les actions

de ceux qui sont tués dans le chemin de Dieu

...............................................................................

Voici la description du Jardin promis

à ceux qui craignent Dieu.

Il y aura là des fleuves dont l'eau est incorruptible,

des fleuves de lait au goût inaltérable,

des fleuves de vin, délices pour ceux qui en boivent,

des fleuves de miel purifié.

...................................................................................

Ne faiblissez pas !

Ne faites pas appel à la paix

quand vous êtes les plus forts."



[1] Comment pourrait-il en être autrement puisque "l'hérédité fait circuler les mêmes âmes à travers la suite des générations d'une même race" ? (Gustave Le Bon, Hier et Demain) Les musulmans vivant en France voudraient-ils se débarrasser de leur âme ancestrale, ils ne le pourraient pas; car celle-ci est ancrée dans leur inconscient collectif.

[2] Les rappeurs nous en avertissent en toute impunité, si le florilège ci-après de leurs œuvres est authentique :
"La 3e guerre se passe maintenant" :

"On est installé ici et c'est vous qu'on va mettre dehors"; "Les frères sont armés jusqu'aux dents, tous prêts à faire la guerre"; "J'crie haut : je baise votre nation"; "Français, flippe pour ta femme, tes enfants, pour ta race !!!"; "On nique la France"; "Faut changer les lois et bientôt voir un arabe à l'Élysée et des noirs au pouvoir"; "Guerre raciale, guerre fatale, c'est pour niquer la France"; "La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser"; "C'est allergique, au bleu blanc rouge, j'suis allergique"; etc.

[3] Ils seront d'autant plus facilement minoritaires que, selon l'EXPANSION (février 2005, n° 694, p. 14), si l'on extrapole le taux de fécondité actuel (1.9 enfant par femme), la France n'aurait en 2300 que 21 millions d'habitants, selon les projections à long terme réalisées par l'Institut national d'études démographiques. Les DOM-TOM, avec un taux de fécondité de 2.2, en compteraient 234 millions. Ces projections à "fécondité constante", donnent des résultats extravagants : l'Afrique compterait ainsi 115 000 milliards d'habitants, soit 86% de la population mondiale

[4] Georges Ostrogorsky nous dit, dans son Histoire de l'État byzantin,Payot 1977, page 87, note 2, que "le Monophysisme a été durant des siècles le plus vigoureux moyen d'expression de l'antagonisme historique entre l'aire de civilisation chrétienne orientale (égyptienne et syriaque) et l'aire grecque chrétienne". En tout cas, lors de l'invasion arabe, les affinités de race l'ont emporté sur les convictions religieuses.

[5] E.F.Gautier fait remarquer, dans Le Passé de l'Afrique du Nord, qu'il a suffi d'un "coup de sabre arabe" pour faire disparaître du Moyen Orient mille ans d'hellénisation, c'est-à-dire d'occidentalisation, de la bataille du Granique (334 av. J.-C.) à l'Hégire (622) et la prise d'Alexandrie par les Arabes (641). Quant au régime soviétique qui avait cru forger en 70 ans un "homo sovieticus", il a dû, in fine, laisser la place aux anciennes nations. Mais tout cela n'empêche pas nos gouvernements de croire que les maghrébins de France feront d'excellents français.

[6] Selon E.F. Gautier (op. cit., p. 70), "la Khotba" n'est pas un simple prêche, c'est par exemple, et par surcroît, un acte politique…"

[7] Le texte cité a été publié à 11h29. A 13h30, Le Figaro a publié un autre texte, bien épuré : il y est question "d'un contrôle routier qui a tourné à une action concertée"... "Des affrontements ont éclaté avec… 130 personnes pour le parquet de Versailles" (Mais qui donc l'a renseigné ??? et d'où venaient ces personnes???) C'est ainsi que l'on conçoit une information complète et libre, en France, de nos jours.

[8] Naturellement, il est impossible de trouver ces statistiques dans le QUID des années suivantes. Il y a en France une censure qu'on ne trouve que dans les dictatures !

[9] C'était donc avant 1987.

mardi 24 avril 2007

La Démocratie, Casino truqué pour monarques en poupée russe

Les jeux sont faits... Rien ne va plus ! Telle devrait être la devise de notre démocratie égalitaire. Egalité des chances à l’école, égalité des chances en politique et au final, d’un côté les gagnants, monarques petits ou grands et de l’autre les perdants, citoyens serviles ou soumis, de deuxième ordre.

Tout le monde a été scolarisé, tout le monde est ou sera en droit de voter, alors nous dit-on, tout va bien en démocratie rêvée par nos bourgeois éclairés.

Marx estimait que la bourgeoisie se sert du suffrage universel pour installer sa dictature avant de le restreindre pour la conforter.

Cela fut maintes fois vérifié mais aujourd’hui il n’est plus même nécessaire à cette dictature inavouée de restreindre quoi que ce soit. Elle est même prête à donner le droit de vote aux immigrés. Plus ils voteront, plus nous les tiendrons. Et comme le chantait Léo Ferré, « ils ont voté, et puis après ? ».

Après, une fois les jeux faits et remportés par la même caste, plus question de démocratie ; après le jeu, au travail et pour que ça tourne, il faut des chefs.

Ainsi à chaque échelon social, un monarque, sa cour et puis les autres, ceux qui subissent : jamais satisfaits, râlant et cependant au nom d’on ne sait quelle morale, avec pour sempiternel choix deux bulletins : la peste ou le choléra.

Dans les entreprises, les gagnants ont franchi comme les autres les portes de l’école obligatoire, vrai ou faux ? Vrai, à ceci près que selon le rang de classement au sortir des écoles, à vingt cinq ans d’âge tout au plus, tout est réglé pour le reste de sa carrière. Et alors, nous objectera-t-on, tout le monde peut se présenter aux concours, où est donc le problème ? Le problème : jamais la proportion de fils de « petites gens » n’a été aussi faible pour ne pas dire insignifiante dans les écoles prestigieuses de la République. Il suffit pour se l’expliquer d’ouvrir un manuel de Français ou d’Histoire de classe de Seconde. Sans le soutien de parents très instruits ou de professeurs appelés en renfort rémunéré ou encore sans une inscription dans quelque institution dorée, comment le lycéen moyen peut-il s’y retrouver ?

Des intellectuels de gauche se sont amusés à pondre des programmes très raffinés composés de dossiers et de « séquences » où toute chronologie et apprentissage de fond sont bannis. Ainsi, en littérature, le mouvement réaliste devient « roman du vrai » et l’on y cause d’anacoluthes, de prétéritions de stances ou autres zeugmas. Dans de telle conditions, qui entrera à la rue d’Ulm, Polytechnique, Sciences Po ou HEC ?

Pour faire « peuple », on hésitera pas à faire dans la discrimination positive. Quelques beurs, quelques noirs, quelques jeunes des cités et l’on nous fichera la paix. Et puis un peu plus tard, qui nous empêchera de choisir qui l’on voudra pour épauler nos ministres ou nos grands patrons ?

Avec leurs fils de famille, brillants énarques ou X « bottiers » filtrés dans les cabinets de la République, les états-majors des grandes entreprises seront à l’abri des laborieux cadres « maison », ceux qui auront naïvement sacrifié leur vie de famille pour être un jour évacués, au détour d’une restructuration ou d’une délocalisation.

Démocratie, pouvoir du peuple...quand ça ? où cela ? A-t-on déjà vu le peuple gouverner ? Par le biais de ses représentants, dûment élus ? Très bien, mais ce n’est déjà plus la même chose. Et les représentants gouverneraient ? Par le biais de celui ou celle qu’ils désignent ? Président de ceci, président de cela et le Président en chef, élu directement par le peuple, alors vous voyez, nous sommes bien en démocratie ; de quoi vous plaignez-vous ?

A cette réserve que ce sont des présidents qui gouvernent, pas le peuple.

Et le Président en chef, qu’en dire ? Les petits présidents négocient qui parmi eux seront candidats et le peuple devra choisir, il faudrait plutôt dire cocher, sur un menu carte imposé.

Et voilà ! Les jeux sont faits, les présidents gouvernent et les « veaux » ou les

« welches », comme les appelait Voltaire, seront bien gardés.

Et ces présidents enchâssés dans une gigantesque poupée russe, comment nous gouvernent-ils ? Mais en quoi cela vous regarde ? Vous avez voté, la démocratie a été respectée ; maintenant il faut bien que le système tourne et pour faire fonctionner les choses, il faut un chef ou plutôt des chefs ; et puis c'est tout ! Du très grand chef, au sommet, jusqu’au « huitième de chef » comme le chantait Léo : "quand il met une casquette, ça devient le pouvoir de la m..., et y'en a marre, du pouvoir de la m....".


Ainsi, les Casinos de l’égalité des chances, aux roulettes truquées, aux banques alimentées par les tonnes de jetons dépensés par des citoyens avides de jeu, aussi cupides que stupides, la belle démocratie qu'ils nous font : Las Vegas Democraty, menée par une caste de monarques inconséquents.

Et pour couronner le tout, puisqu’il est question de monarques, les tribunaux rendent la Justice, selon qu’on soit grand ou misérable, au nom du peuple. Comment cela du peuple ? Mais c’est de la folie, rendez-vosu compte : le peuple serait capable de rétablir la peine de mort ou de condamner un violeur à perpétuité.

Grands et petits monarques n’ont pas guère à s’inquiéter à vrai dire : si un jury d’abrutis tirés au sort peut s’égarer en dépit du bon sens exprimé par le Président du tribunal, quelques années plus tard, ce seront des hommes de Cour, censés eux, qui décideront de remettre en liberté le malfrat condamné.

Et là, il ne sera plus question de peuple.

Le peuple condamne et l’oligarchie décide qui restera ou non derrière les barreaux.

Mais alors, la démocratie ne serait qu’une illusion, une chimère ?

Comment pousser si fort la critique ? C’est exagéré, voyons !

Ce qui est exagéré est de qualifier de vérité ce qui n’est qu’un mot, un mot qui ne mène nulle part.

Le peuple ne peut gouverner et la vraie question est ailleurs.

Car en vérité, quel bien est recherché par la multitude des citoyens ?

Que les choses publiques soient gouvernées de telle façon qu’en toutes circonstances, la sécurité, la justice et le bien-être soient assurés autant que possible. Là réside le nœud du problème institutionnel.

Suffrage universel ou pas, direct ou indirect, égalité des chances ou pas, ce dont les gens ont besoin, c'est d’être gouvernés honnêtement et avec compétence, au sens fort du terme. Alors peut commencer le vrai débat.

mardi 13 mars 2007

Dénatalité : l'Aveuglement

Sujet tabou qu’on enterre sous des contre-vérités, la dénatalité serait une invention d’alarmistes réactionnaires accusés de vouloir raviver la France de Vichy.

Premier mensonge : la naissance d’une authentique politique familiale, celle qui a suscité le fameux Baby Boom, date de 1939. Son inspirateur fut Alfred Sauvy, l’un des pères de la démographie moderne, homme libre par excellence et nullement lié aux mouvances droitistes.

Dernier avatar du négationnisme anti-nataliste, les chiffres de 2006 annoncés comme la confirmation que décidément la France aime les bébés et qu’au moins sur ce terrain, le seul donc, il n'y a plus à s’inquiéter pour elle.

Il y avait déjà eu «l’alouette» de 2000, avec un taux de fécondité dépassant le 1,9 : mais aucun printemps ne suivit.

Désormais, sonnons les cloches de Notre-Dame ! Avec un taux record de 2,0 nous serions en tête des pays européens ; formidables ces mamans françaises qui nous donnent tous ces enfants …sauf qu’au passage :

l’Irlande, certes en perte de vitesse, est oubliée ; depuis 1972 nous sommes tombés en dessous du seuil du renouvellement des générations, à moins de 1,8 de moyenne ; le taux de 2,0 soit obtenu grâce à la fécondité des immigrés alors que celui des nationaux, ex-immigrés compris, stagne à 1,8...

Mais va-t-on chipoter pour si peu ?

Pour nos politiques, l’énorme avantage de cette constante désinformation est de leur épargner toute mesure à prendre et toute réflexion solide à entreprendre pour enfin s’attaquer au problème le plus grave de notre société car quoi qu’on en ait, la dénatalité est une vérité impossible à nier.

Avant même que de parler d’extinction à long terme, nous vivons déjà la conséquence majeure de ce phénomène : le déséquilibre de la pyramide des âges est tel que la question des retraites est devenue insoluble.

On aura beau repousser l’âge du départ en retraite, on aura beau réduire les pensions, que se produira-t-il ? De moins en moins d’actifs pour nourrir et soigner de plus en plus d’inactifs.

D’aucuns pousseront néanmoins l’arrogance intellectuelle jusqu’à dire que la croissance viendra compenser ce déséquilibre. Mais comment donc ?

Voici qu’on paupérise les jeunes, qu’on les décourage de faire des études, puisqu’en dehors d’une poignée d’oligarques et fils d’oligarques, futurs oligarques donc, c’est peu à peu le SMIG pour tout le monde, de bac moins 3 à bac plus 7 ; les salariés ponctionnés pour régler tant qu’on peut les pensions des précieux électeurs seniors, sur-représentés électoralement puisque les 0/18 ans ne votent pas ; les salariés obligés à s’endetter non plus pour anticiper de futurs revenus supérieurs mais pour tout juste parvenir à joindre les deux bouts.

Crevés les réservoirs de la consommation, de la motivation au travail et aux études et celui de la créativité, d’où peut venir cette croissance salvatrice ?

Autre objection fallacieuse : de plus en plus « jeunes », nos seniors dépenseraient plus, d’où un marché qui en remplacerait un autre.

En vérité, hormis une frange de retraités dorés qui voguent de croisière en cure de thalasso, nos anciens sont surtout consommateurs de frais médicaux, remboursés pour l’essentiel. Et puis, ces heureux pensionnés, derniers Mohicans de l’Etat Providence, qui les relaieront demain, un demain très proche ? Ce seront des retraités aux pensions amaigries, qui n’auront pas été assez bien payés pour se constituer un complément.

Alors d’où viendra-t-elle cette croissance capable de rendre négligeables les effets néfastes du vieillissement de la population ?

Pas des enfants de familles nombreuses de plus en plus rares…à moins que, et voici l'ultime argument des aveuglés volontaires : les enfants des familles issus d’une immigration massive seront le salut de la vieille France. Fini donc de les considérer comme une source de problèmes. Et tant pis pour la race européenne. Pour tous les crimes qu’elle a commis, qu’elle meure, il est temps.

Les masses arabo-musulmanes et noires africaines feront la France de demain, qu'on se le dise. Qu’Hitler se retourne dans sa tombe, que le diable renforce le feu qui le brûle, l’Europe Nouvelle, ce seront eux.

Qu’importe les ethnies et les cultures, ce qui compte c’est que statistiquement l’on puisse encore compter des habitants sur nos territoires. Ainsi pensent nos énarques. Les chiffres, il n'y a que cela de vrai.

Et pourquoi pas après tout ? Les peuples meurent comme les individus.

Les Mayas ont disparu, il faudra bien que vienne le tour des Européens.

Mais là encore, l’aveuglement ne résout rien. Les réalités sociales sont têtues.

Avons-nous déjà vu qu’un peuple en remplace un autre en douceur ?

Toutes les leçons de l’Histoire, tout ce que nous enseignent les sciences sociales seraient donc des mensonges ? Alors ne tardons pas à vider une bonne partie des universités et des bibliothèques, cela fera un peu de sous pour nos vieux.

La vérité c’est que l’immigration, même contenue comme elle l’est aujourd’hui, pose déjà d’épineux problèmes de cohabitation, de contestation de nos valeurs et de leur expression en système juridique.

Notre Etat hypertrophié, aussi désorganisé que l’armée française de mai 1940 est strictement incapable d’intégrer ces populations allogènes ; d’ailleurs le mot intégration fut, entre 1955 et 1962, la bête noire des opposants au maintien de l’Algérie dans la République. Soustelle, le plus éminent défenseur de l’intégration fut ainsi l’objet d’un quolibet de la part de son mentor qui en avait le secret : « une cervelle de colibri ».

L’expert mondial des civilisations précolombiennes, le futur académicien, entré premier à la rue d’Ulm et reçu pareillement à l’agrégation de philosophie, ne pouvait aspirer à meilleur jugement du général, dès lors qu’il persistait à croire en l’intégration des Musulmans au moment où le guide du peuple français (·) décidait de ne plus y croire après qu'il était revenu au pouvoir avec cette idée comme axe central de son discours.

Il faut croire que les Français qu’on savait depuis des lustres être des veaux, sont désormais dirigés par des colibris !

Et que feront ces colibris à mesure que la masse de vagues d’immigrés issus des parties les plus pauvres du monde et les plus éloignées de notre culture, viendra apporter la main d’œuvre et la jeunesse que notre race sera de moins en moins capable de générer ?

Le Camp des Saints, l’ouvrage de Jean Raspail écrit il y a 30 ans, sera un jour estimé comme le sont aujourd’hui ceux de Jules Vernes.

Comment éviterons-nous les camps retranchés, les barouds d’honneur, la violence d’une guerre civile menée par les gens d’en bas, eux pour qui la patrie est le seul bien, comme l’a si bien écrit Camus ?

L’aveuglement conduit aux pires désastres. Que l’on se souvienne de Munich et plus tard, de la bienveillance de nos intellectuels bien-pensants à l’égard des empires communistes, soviétique, chinois et autres.

Sans prise de conscience que le vieillissement de la population, conséquence de la dénatalité et non des progrès de la médecine, est un puits sans fond, sans une prise de conscience à la mesure des conséquences aux contours difficilement calculables tant les interactions en irriguent malicieusement la mécanique (une économie du diable aurait dit Alfred Sauvy), aucune politique digne de ce nom ne se mettra en place.

L’on en restera à des Journées de la Famille, à des sommes gaspillées pour financer l’inutile UNAF, à des mesures « rustines » proclamées au détour d'un maigrelet paragraphe du discours de politique général de chaque nouveau gouvernement. Pour un temps l'on feindra de croire qu'enfin les familles sont comprises. Et puis, tout continuera comme avant et nos pères et mères de famille, telles les brebis qu’on mène à l’abattoir, ne laisseront de réélire ceux qui les conduisent vers le gouffre.

* * *



· L’appellation est du général lui-même lors de sa visite à Berlin en 1961

jeudi 15 février 2007

RELANCER LA NATALITE

... par la modernisation des structures économiques

I

INTRODUCTION

L’information triomphaliste des médias en matière de natalité française est trompeuse.

Une hirondelle ne fait pas le printemps et le regain enregistré en 2006 ne saurait, tant s’en faut, compenser le déficit amorcé en 1972 et aggravé depuis la mise en place de la législation sur l’IVG.

Ainsi, le petit mieux enregistré en 2000 a-t-il été suivi d’un retour à un taux de fécondité à sa valeur moyenne de 1,75. Rappelons que le taux de renouvellement des générations se situe à 2,1. Non atteint, il condamne les peuples concernés à un vieillissement croissant et donc à des déséquilibres gravissimes déjà perceptibles ainsi qu’in ultimo à l’extinction tout court.



Les axes de réflexion présentés dans ce document tirent leur fondement d’une double expérience, professionnelle et associative.

Professionnelle : comme consultant extérieur, puis chef de projet en organisation dans l’industrie puis dans la banque, j’ai été confronté à de multiples situations qui m’ont donné à réfléchir sur la façon d’améliorer les méthodes et conditions de travail au double profit de l’entreprise et de ses salariés.

Associative : associé aux travaux du Séminaire de Démographie Politique créé au Collège de France par Alfred Sauvy et dirigé par Gérard-François Dumont, ainsi qu’aux réflexions de l’APRD, Association Pour la Recherche Démographique, animée principalement par Jacques Dupâquier (reçu depuis à l'Institut), j’ai été amené à concevoir, à partir de 1987, un nouveau front d’action en faveur du renouveau de la natalité.



L’idée était de mobiliser un noyau significatif d’entreprises pour :

· expérimenter des innovations organisationnelles destinées à concilier vie professionnelle et vie familiale ;

· constituer un lobby en faveur d’une relance de la natalité, s’appuyant sur des moyens puissants de communication institutionnelle.



Aidé notamment par François Ceyrac en sa qualité de Président honoraire du CNPF et d’autres personnalités du milieu patronal, j’ai convaincu des entreprises, des experts, des syndicalistes et des cadres d’entreprise de constituer une association qui s’est appelée Générations (pour illustrer la solidarité entre générations) dont j’ai été élu président.

Diverses solutions ont été débattues mais aucune d’elles n’a malheureusement été mise en œuvre, les entreprises adhérentes (dont Elf et Gaz de France) souhaitant au préalable qu’une taille critique fût atteinte.

Malgré les nombreux contacts pris et en dépit de l’oreille attentive du gouvernement d’alors (celui de Rocard), cette initiative a fait long feu une fois survenue la 1ère guerre du Golfe.

Une ultime tentative avec l’arrivée de Balladur aux affaires n’a pas permis de relancer l’association, depuis lors inactive.

ANGLE D’APPROCHE

Les démographes s’accordent à dire que le désir d’enfants demeure au-dessus du seuil de renouvellement des générations et cela en dépit d’une dégradation incessante des valeurs traditionnelles qui se traduit par le recul des mariages, la montée des divorces et plus généralement, par la précarité des unions conjugales.

Contrairement à ce que prétend l’idéologie féministe néo-libertaire qui a fait florès dans les années 70/80, la plupart des femmes ne voient pas négativement le potentiel de maternité que leur accorde la nature. Ce noble et nécessaire instinct reste inscrit en elles, nonobstant l’hédonisme matérialiste ambiant.

Il semblerait en revanche que le refus d’engendrer viendrait davantage du côté des hommes, aspect de la question rarement évoqué.

Mal éduqués, déséquilibrés par une sexualité précoce, les jeunes hommes arrivant à l’âge de créer une famille demeurent-ils immatures pour une grande part. Aussi et quand bien même ils ne tardent à prendre compagne, craignent-ils la venue au monde d’un enfant qui viendrait perturber leur vision individualiste du monde, y compris dans la sphère sentimentale.

A ce tableau, il serait juste d’ajouter que le contexte économique n’offre guère de perspective encourageante à des jeunes dont les études parfois poussées ne les gardent ni du chômage, ni d’une paupérisation désespérante.

Alors que voyons-nous ?

Des mariages de plus en plus en tardifs, des unions libres fragiles et, au bout du compte, des naissances parfois tellement repoussées à plus tard qu’elles ne peuvent plus se produire, la nature, qui a son horloge et ses règles, reprenant ses droits.

A ce refus d’enfant, du moins à ce retard d’enfantement, d’origine masculine, s’ajoutent trois autres facteurs d’empêchement :

· l’un est l’absence d’une politique familiale au moment où un faisceau de mesures forme virtuellement une politique anti-familiale ;

· un deuxième se situe dans l’univers professionnel ;

· le troisième, lié au précédent, est la coupure géographique entre lieu de travail et lieu de résidence.

Une politique familiale digne de ce nom doit replacer la famille et les valeurs qui lui sont attachées au cœur de notre société ; elle doit s’articuler sur deux leviers majeurs : la compensation financière du coût d’éducation des enfants la reconnaissance du rôle de la mère de famille (ou du père si c’est lui qui dans certains cas est amené à rester au foyer) comme authentique travail ; ce qui implique un salaire et une retraite.

Sur ces deux plans, il existe déjà toute une littérature et des propositions allant dans ce sens dans un ou deux partis politiques. Je m’y range, me réservant ici à apporter quelques idées sur les deux derniers facteurs d’empêchement cités.



1. En quoi l’univers professionnel est-il un facteur négatif pour la natalité ?

En amont de tout, se pose un problème philosophique, celui de la nature de l’entreprise, de son rapport à l’humain et aux collectivités qui forment la Nation.

Notre droit et notre culture de l’entreprise demeurent pour l’essentiel ceux mis en place sous Napoléon, en héritage des principes révolutionnaires.

L’entreprise est ainsi un bien qui s’échange comme n’importe quelle marchandise. L’homme n’y existe qu’au même titre qu’une machine-outil ou qu’un logiciel.

La finalité de l’entreprise, comme celle d’une valeur boursière, est uniquement de générer du profit au terme qui convient à celui ou à ceux qui en détiennent la propriété. Le reste n’est que littérature, discours séduisants destinés à mobiliser (ou manipuler) les esprits et à donner l’illusion que l’entreprise se soucie de ses responsabilités civiques ou citoyennes etc.

Cette conception, celle d’une République bourgeoise issue de la Révolution, s’oppose aux valeurs chrétiennes qui fondent notre civilisation.

Elle s’y oppose en ce sens qu’elle nie la prééminence de l’homme dans toute réalité sociale et que ce faisant, elle maintient continuellement un état d’injustice et de désordre.

Pour ce qui est de la natalité, contentons-nous de percevoir qu’une entreprise qui n’intègre pas dans sa finalité le bien des hommes qui y travaillent et celui des collectivités qui leur permettent d’exister (commune, région, nation) sera toujours induite à fonctionner comme un être asocial, n’agissant en bien que sous la contrainte (des lois, des forces syndicales) ou sous l’impulsion des rares dirigeants qu’oriente une vision morale de leur rôle.

Ainsi, qu’en est-il de la prise en compte de la parentalité ?

Hormis quelques grandes sociétés qui, de leur passé paternaliste, ont conservé une crèche dans leurs locaux, pratique en voie de disparition, rien n’est conçu pour faciliter et, encore moins, pour encourager et accompagner la parentalité.

Le nœud du problème réside dans le choix inhumain qu’on impose aux femmes : enfants ou carrière, alternative parfois exprimée telle quelle aux salariées concernées.

Certes il existe, et heureusement, des possibilités de travail à temps partiel, mais avec toujours la contrepartie implicite de renoncer à un avancement optimal, voire à un avancement tout court.

Par ailleurs, il n’est pas rare qu’au moment de l’embauche d’une jeune femme, l’on se permette de l’interroger sur ses projets parentaux et que l’on obtienne d’elle un accord de principe pour reporter de tant d’années la première naissance.

Entre une jeune mariée et une femme célibataire (une « célibattante »), le choix sera vite fait au profit de la seconde. Et il n’est pas impossible que, les mœurs évoluant, l’on n’assiste sous peu à une discrimination équivalente en faveur des hommes homosexuels par rapport aux pères de famille…

Les entreprises ignorent pourtant que des études socio psychologiques ont démontré – dixit Evelyne Sullerot – que la maternité est une source d’épanouissement qui rejaillit sur l’efficacité au travail ; à condition toutefois que ce double statut de mère et de salariée ne se traduise pas par un surmenage, insupportable sur le long terme. Or, c’est bien ce qui se passe ordinairement pour la majorité des salariés, concentrés dans les grandes agglomérations.

C’est ici que le problème intra-entreprise recoupe celui de l’aménagement du territoire.



2. Les conséquences négatives de l’éloignement entre lieu de travail et

lieu de résidence.

Toutes les grandes agglomérations sont confrontées aux retombées d’un urbanisme qui s’est formé sans vision à long terme, avec des infrastructures de transport chroniquement inadaptées aux besoins, produisant un gâchis quotidien de millions d’heures qui sont ôtées à la vie personnelle, familiale, sociale.

L’exemple de Paris est le plus démonstratif.

L’on y voit le cœur et l’immédiate périphérie se vider des populations modestes et même de niveau moyen, au profit de bureaux, de commerces de luxe et de logements pour privilégiés.

Parallèlement, les salariés sont contraints d’aller trouver résidence toujours de plus en plus loin. C’est ainsi que des gens habitant à Chartres ou Caen, se pressent chaque matin pour venir travailler à Paris ou en sa ceinture, dans des trains et métros bondés ou dans des embouteillages gigantesques.

L’on peut imaginer le parcours du combattant de la mère-courage contemporaine, contrainte de se lever à l’aube pour amener ses enfants à une crèche parfois éloignée du domicile, et revenir tard le soir pour entamer une deuxième journée de travail, bien souvent sans le soutien d’un conjoint qui arrivera encore plus tard ou qui n’arrivera pas car il y aura eu divorce ou rupture et que, passée la quarantaine, la plupart des mères divorcées se retrouvent seules à élever leurs enfants ; triste retombée de la soi disant libération des femmes...

En face d’un tel contexte, une vie professionnelle hostile au projet parental exigeant de plus un éloignement et des durées de transport déraisonnables, comment s’étonner que les femmes, déjà peu encouragées par leurs conjoints, hésitent à accomplir leur vocation maternelle et, qu’une fois nés deux enfants, voire seulement un, elles renoncent à engendrer de nouveau ?

Un congé parental largement allongé et rémunéré permettrait certes d’améliorer sensiblement la situation en donnant le temps et les moyens aux mères de s’occuper pleinement de leur(s) enfant(s), avant de retourner travailler hors du foyer le moment venu.

Pour autant, toutes les mesures d’une vraie politique familiale ne sauraient suffire à transformer en profondeur le rapport entre vie professionnelle et vie parentale.

Une modernisation des organisations doit venir étayer une authentique politique familiale en transformant en une convergence d’intérêts ce qui aujourd’hui est vécu comme une opposition. Le jour où les entreprises chercheront d’elles-mêmes à favoriser l’épanouissement familial de leurs salariés, la partie sera gagnée, et pour longtemps.



3. Modernisation des entreprises en faveur de la parentalité

L’idée est d’inciter les entreprises, à l’échelon de l’Etat comme des collectivités territoriales, à orienter la modernisation de leurs structures dans le sens d’un accueil privilégié des salariés en charge d’enfants.

Il ne sera pas débattu ici des moyens précis de cette incitation.

Crédits d’impôts, allègement des charges sociales, aide à l’investissement en se portant caution des entreprises auprès d’organismes de prêt, les moyens sont nombreux et peuvent varier selon les orientations de la politique industrielle et d’aménagement du territoire.

L’important est que ces incitations épousent les objectifs de relance de la natalité.

Mesurer la contribution à la natalité

Le bilan social de chaque entreprise devra intégrer des indications précises à cet égard :

- pourcentage de salariés en charge d’enfants, et notamment en charge de familles nombreuses ;

- nombre d’enfants par salarié ;

- pourcentage de postes aménagés pour l’aide aux salariés parents ;

- projets en cours etc.

De la sorte, une quantification de la contribution de chaque entreprise à la natalité pourra être établie, sous le double contrôle :

- d’organismes neutres de certification, comme il en existe pour attester de l’organisation de la qualité (norme Iso 9001) ;

- d’un Comité Vie professionnelle - Vie familiale, interne à l’entreprise, comme existent aujourd’hui les comités hygiène et sécurité.

La mission de ce Comité VP-VF, composé de salariés élus spécifiquement, de délégués syndicaux et de représentants de la Direction, serait de s’assurer de la véracité des chiffres produits par l’employeur et, plus positivement, de proposer des modernisations de l’organisation du travail destinées à rehausser sans cesse l’harmonie entre contraintes professionnelles et contraintes parentales.

La mesure objective de la contribution à la natalité servira de base, sous forme par exemple, d’un indice synthétique de contribution à la natalité, à l’octroi des différentes formules d’incitation.

A côté de cette logique volontariste, un plancher minimal de contribution pourra être assuré grâce à des mesures coercitives.

Actions coercitives pour une contribution minimale de chaque entreprise

· Pénalisation fondée sur l’indice synthétique de contribution à la natalité ; en dessous d’un certain seuil, variant selon les branches, les lieux d’implantation, les volumes d’effectifs et les difficultés liées au marché, les entreprises auraient une taxe à verser à un Fonds National pour la Relance de la Natalité, destiné à financer des innovations et à aider des familles nombreuses en situation de détresse.

· Fixation, également selon une typologie rendant compte des réalités concrètes, de quotas de salariés parents, de salariés mères de famille, de salariés mères de familles nombreuses. Ces quotas devront bien sûr être raisonnables afin que le projet de relance de la natalité se présente avant tout comme un mouvement volontaire associant les forces vives de la Nation à une démarche de salut public.

Axes de modernisation de l’organisation du travail en faveur de la natalité

· Le développement et la « domesticatisation » du télétravail

Le télétravail est déjà pratiqué dans les secteurs du marketing direct, de l’aide à distance ou encore dans l’administration commerciale ou informatique.

Le télétravail est le plus souvent accompli dans des plates-formes centralisées, où les salariés sont contrôlés et animés par des chefs d’équipe qui peuvent écouter les conversations à tout moment, ou contrôler les écritures passées à l’écran.

La présence physique du salarié est surtout utile pour faciliter la passation des consignes et pour effectuer des bilans sur le travail effectué.

Mais l’immense majorité du temps de travail ne nécessite pas la présence effective du télé-opérateur.

Grâce à la baisse des coûts de télécommunication et aux moyens très puissants de transmission des données qu’apporte Internet, le travail pourrait facilement être assuré au domicile du salarié sans que le lien avec le chef d’équipe ne soit rompu.

Cette « externalisation » d’une partie de la main d’œuvre représenterait pour l’entreprise un avantage compensant largement les frais initiaux de mise en place du système, et cela grâce à une réduction des surfaces de bureaux.

Une objection est souvent mise en avant pour repousser cette modernisation :

Le télétravail à domicile couperait l’employé de l’entreprise, l’éloignant peu à peu de la culture ambiante et le rendant ainsi plus difficile à gérer.

Et l’on ne se prive pas de rappeler que nombre d’expériences tentées dans le milieu des années 80, notamment dans le secteur bancaire - où de très nombreuses tâches n’exigent absolument pas la présence du salarié dans les locaux de l’entreprise - ont échoué.

Ces échecs ont eu en réalité pour cause principale le manque de préparation et de progressivité dans la mise en place de ces situations expérimentales.

De plus, il ne faudrait pas minimiser le facteur qu'a constitué en de maintes occasions, l'opposition des organisations syndicales. Celles-ci, jalouses de leur pouvoir, se méfient de cette externalisation du personnel ; y voyant le risque de perdre de leur influence et, argument plus valable, la crainte que les horaires de travail deviennent moins contrôlables par une transformation insidieuse d’un contrat de travail établi en durée hebdomadaire en un travail à la tâche.

L’on ne saurait nier que le télétravail à domicile n’est pas un processus simple à mettre en place. Il impose beaucoup de pragmatisme et de concertation.

Néanmoins, il ne sera jamais plus complexe à effectuer que la conception et la mise sur orbite d’une navette spatiale, opération qui ne décourage aucun de nos grands décideurs.

Il suffit avant tout d’avoir à l’esprit que le travail à domicile n’est pas un tout ou rien : travail à l’entreprise / travail chez soi.

· Des formules mixtes et variables dans le temps en fonction des contraintes de l’entreprise, de celles du salarié et de ses collègues d’équipe - comme cela se pratique couramment en industrie par le système des roulettes - peuvent combiner harmonieusement le double besoin d’une présence effective du salarié (en temps voulu) dans les locaux de son employeur et celui de sa présence à domicile afin qu'il assure son travail tout en s’occupant de ses enfants.

De plus, il existe un biais possible, entre le travail in situ et le travail à domicile, qui est peut-être la vraie solution d’avenir :

L’antenne inter-entreprises de proximité

L’idée est de coupler les avantages :

- d’une proximité lieu de travail /lieu de résidence avec ceux, parfois nécessaires, selon les personnes, selon leurs fonctions, leurs conditions familiales et de logement, avec ceux

- d’un travail hors la maison, effectué dans un contexte professionnel.

Concrètement, cela consisterait à regrouper dans des locaux situés en zones résidentielles, par exemple dans une « cité » ou dans une petite ville de banlieue, des surfaces et des outils de travail mis à la disposition des employés de plusieurs entreprises ainsi associées.

Par exemple l’on pourrait avoir dans une de ces antennes, cinq ou six salariés d’une banque, travailler, avec des cloisonnements variables selon les besoins, aux côtés de quatre ou cinq employés d’une société d’informatique et deux ou trois collaborateurs d’une administration.

L’énorme avantage de ces antennes de proximité serait de rapprocher le lieu de travail du lieu de domicile, au double bénéfice des salariés et des employeurs :

· les salariées mères de famille pourraient facilement gérer leurs contraintes, notamment pour amener et rechercher leurs enfants à la crèche ou à l’école ; sans compter que le travail dans l’antenne pourrait se combiner, pour une part, avec un travail à domicile ;

· les entreprises économiseraient des surfaces en zone de grande cherté immobilière, ce que le coût de l’implantation des antennes ne compenserait pas, étant donnée l’énorme différentiel de prix entre Paris-proche banlieue et grande couronne ou zones populaires.

Autres avantages :

· diminution de la population transportée chaque jour en grande agglomération, donc plus de fluidité, moins de temps perdu, moins de pollution ;

· réhabilitation sociale des cités et banlieues dortoirs par la présence de pôles d’activité générateurs de commerces de proximité, conférant une plus grande dignité et une plus grande sécurité à ces lieux déshérités.

Comment les entreprises pourraient mettre en œuvre de telles antennes ?

Dans un premier temps, les grands groupes de services, banques, assurances, sociétés d’informatique et administrations seraient les initiateurs privilégiés de cette innovation, aidés en cela par la grande masse de leurs salariés, la nature des postes occupés, ainsi que par leurs moyens financiers (notons qu’il s’agira d’un investissement de modernisation, vite rentabilisé par ses retombées positives).

Prenons un exemple.

Le Crédit X, employant quelques 20 000 personnes sur la région parisienne.

1° étape : combien de salariés concernés ? Admettons 5 000 mères de famille, dont le travail ne nécessite pas une présence en l’un ou l’autre des établissements du Crédit X sur la région.

2° étape : établissement d’un bilan géographique d’implantation des salariés concernés faisant ressortir que 80% d’entre eux, soit 4 000, se concentrent dans 200 lieux, ce qui fait en moyenne 20 employés par lieu.

3° étape : concertation avec d’autres entreprises possédant des employés dans l’un ou l’autre de ces 200 lieux.

4°étape : construction ou aménagement des locaux destinés à abriter les antennes. Selon le nombre d’employés, l’antenne fonctionnera comme une dépendance mono entreprise, en l’occurrence du Crédit X, ou comme une plate-forme multi-entreprises où chaque société associée au projet disposera d’une portion de la surface ainsi que d’un droit d’usage d’équipements facilement partageables, comme de grosses imprimantes, des télécopieuses ou des moyens de stockage, de traitement et de télécommunication de données.

5°étape : définition, avec pragmatisme et concertation, de protocoles de création et de fonctionnement des antennes de proximité, au terme d’une expérimentation effectuée au moyen d’antennes « pilotes ».

Dans cet exemple, l’entreprise organise son implantation d’antennes en partant d’un bilan géographique de l’existant.

Par la suite, une fois un premier réseau d’antennes créé, il sera possible d’aller plus loin, en incitant les salariés, s’ils ne le font pas d’eux-mêmes, à élire domicile dans les lieux où se situent les antennes.

Des facilités d’implantation, auxquelles les collectivités territoriales concernées pourraient participer, seraient accordées aux salariés volontaires ainsi qu’aux futurs salariés, candidats pour travailler dans une entreprise ou d’un lieu doté d’antennes de proximité.

Une concertation inter-entreprises, à l’échelon des chambres de commerce et de l’industrie et/ou des chambres syndicales pourra amplifier ce mouvement de déconcentration des sièges sociaux et des grands pôles d’implantation (comme les directions régionales de grands groupes et les grandes installations industrielles).

Grâce à des informations croisées sur les implantations résidentielles, (en l’état et en projet) des personnels des différentes entreprises d’une zone, un nouvel élan sera impulsé en faveur d’un aménagement du territoire concordant avec l’objectif prioritaire de relance de la natalité.

Il y a probablement là un enjeu encore difficilement quantifiable de créer un cercle vertueux entre efficacité économique, relance des naissances, redynamisation et resocialisation de zones déshéritées ainsi que rationalisation des transports.

Assurer la continuité entre le statut maternel et le statut professionnel

Une des grandes erreurs qui entravent la volonté d’engendrer est la coupure artificielle qui sépare la femme en situation « ordinaire », au travail, et la femme en position

« problématique », enceinte puis en charge de ses enfants.

Ainsi la grossesse est-elle ignorée de la vie d’entreprise quand elle n'est pas méprisée. Tout au plus donne-t-elle lieu à quelque congé thérapeutique, comme si le fait d’enfanter était une maladie (alors que la vraie maladie des temps présents résiderait plutôt dans le refus de l’enfant).

Ainsi la bonne salariée a-t-elle soin de demeurer à son poste aussi tard que possible, comme si cela était un label d’honneur, comme l’est celui de faire des records de temps de présence au bureau et feindre de s’en plaindre tout en s’en enorgueillissant insidieusement…

L’on sait pourtant, et depuis longtemps, combien la période de grossesse est précieuse pour le développement de l’enfant, pour sa santé physique et morale.

Le stress généré par une activité non adaptée à la femme en cours et en fin de grossesse aura également des conséquences dont l’entreprise pâtira à terme : 50% des femmes de la région parisienne ont fait une dépression avant l’âge de 35 ans, n'est-ce pas affligeant ?

Puis vient le temps du congé maternel, évidemment trop court, et en même temps mal conçu. Après la naissance, survient souvent un épisode de dépression chez la mère, exprimant probablement un trouble réactionnel lié à la délivrance que représente l’engendrement.

Plus tard, bien que la maman soit tout heureuse de pouponner son enfant, elle connaît des moments d’ennui qui sont d’autant plus mal vécus qu’ils suivent une vie active très soutenue, arrêtée brutalement peu auparavant.

Face à ce constat, une innovation consisterait à gommer cette coupure en aménageant le temps de travail de la mère avant et après la naissance.

La semaine de travail et/ou la journée seraient progressivement réduites pour aider la future mère à mieux vivre sa grossesse et à se préparer à son congé maternel.

Une fois la naissance survenue, et passé un temps complet à récupérer physiquement et à s’occuper pleinement du nourrisson, la reprise du lien avec l’entreprise pourrait s’effectuer, de façon très progressive et « sur mesure », en concertation avec le médecin traitant et le Comité Vie professionnelle Vie Familiale évoqué plus haut.

Ce lien pourrait débuter par une information sur la vie de l’entreprise et celle du service dont la mère est issue. Le ou la remplaçante pourrait par exemple visiter la maman ou lui téléphoner afin de bénéficier de ses conseils tout en la gardant au fait de ce qui se passe pendant son absence.

Par la suite, la mère entamerait une série de visites brèves à son lieu de travail, pour un but précis : se former à un télétravail à domicile et/ou en antenne de proximité.

De cette façon, le lien ne serait jamais coupé plus longtemps que lors d’une période de vacances. En pointillé, la reprise s’effectuerait pendant la période du congé parental, évidemment en fonction du nombre d’enfants à charge, l’objectif étant de considérer ce congé, non pas comme une absence pour l’entreprise, mais comme un moment, une étape de la vie de la salariée, à gérer de façon adéquate, selon une vision où l’équilibre et l’épanouissement de l’employé concordent, en toute situation, avec l’intérêt de l’entreprise et celui de la Nation.

Dans une telle perspective, à l’issue de son congé, la mère aura acquis une expérience de travail externalisé qui lui permettra de choisir de continuer selon ce procédé en toute connaissance de cause et sans perdre de temps pour s’y habituer, puisque la formation aura été assurée pendant le congé parental.

Conçu ainsi, « persillé » de travail, le congé parental pourrait, en contrepartie, durer plus longtemps, puisqu’il permettrait à l’entreprise de conserver une contribution, même limitée, de sa salariée durant cette période.

La mère, pour sa part, y gagnerait à divers égards :

· ses moments d’ennui seraient comblés ;

· elle n’aurait pas le sentiment culpabilisant de s'estimer inactive ;

· elle se préparerait, dans les meilleures conditions, à la reprise de son poste, selon une formule adaptée à ses contraintes parentales.

J’ai souvent eu l’occasion de parler de cette innovation avec des salariées mères de famille ou souhaitant le devenir. Leur réaction a toujours été très positive, avec toutefois la perplexité que suscite toute idée taxable d’utopie.

La réalité est que nos compatriotes, comme salariés et citoyens, sont résignés face à une société dont les leviers leur paraissent, à juste titre, inaccessibles.

S’ils perçoivent à leur niveau combien, parfois avec peu de choses, beaucoup de bien pourrait être apporté, ils savent néanmoins que tout changement se fait et se fera sans eux : c’est l’affaire de la France d’en haut, et au mieux, des syndicats, perçus également comme des castes, mais qui malgré tout leur assurent un minimum de défense... de défense, pas d’initiative, car nous le savons, les syndicalistes sont tout autant rétifs au changement que les patrons et les hiérarques auxquels ils font profession de s’opposer.

Cette dernière remarque rappelle que de telles innovations sont secondaires dans le cadre d’une politique globale de transformation sociale.

Certes, elles peuvent être discutées et enrichies et dans le cadre de débats, donnant ainsi aux Français d’en bas l’occasion de participer aux projets de rénovation du pays.

Mais ces innovations ne pourront voir le jour séparées du contexte général de ce qui sera une véritable révolution pour la survie de notre peuple.

Pour autant, elles gagneraient dès à présent à être mises en avant dans le cadre d’une propagande (ne craignos pas un mot à l'origine fort honorable) pour le renouveau de la natalité.

Elles présentent en effet l’avantage de ne pas se confiner à la sphère purement démographique.

Partant du constat que les entreprises ont un intérêt objectif à remobiliser leurs salariés, à rééquilibrer leurs pyramides des âges, et de renouveler les populations qui forment leurs marchés, ces innovations revêtent une dimension sociale.

Elles démontrent que la relance de la natalité va de pair avec une modernisation des structures économiques et plus encore, du fonctionnement de la démocratie.

* * * *